lundi 8 juillet 2013

Le village de mes ancêtres, 1er épisode


En réalité, le singulier n'est pas de mise. Au hit parade des lieux les plus cités dans ma base de données, trois localités se détachent nettement : Notre-Dame-du-Touchet, Concourson-sur-Layon et Château-Gontier, ce dernier talonné de près par la bonne ville de Pau.

Archives personnelles
Méfions-nous toutefois des chiffres. Ce classement provisoire révèle surtout que j'ai travaillé en priorité sur certaines branches, privilégiant les départements dont les archives étaient accessibles en ligne de longue date, aisément consultables et richement dotées. Soit dit en passant, j'attends toujours l'arrivée sur internet des registres des Hautes-Pyrénées ou du Gers pour débloquer les lignées Fourcade et Dabadie.

Mais revenons aux Pays de la Loire. Si j'ai décidé de vous parler aujourd'hui de Concourson, c'est que nombre de mes ancêtres sont originaires de ce modeste village, situé au pied de coteaux de schiste favorables à la culture de la vigne.

Concourson sur la carte de Cassini
Source : La France à la Loupe, BSD Concept
Dressons le décor. Dans le département du Maine-et-Loire, aux confins des Mauges et du Saumurois, Concourson est situé sur le Layon, un affluent de la rive gauche de la Loire. Sa population, qui comptait 39 feux en 1720, s'élève aujourd'hui à 550 habitants environ. Nous sommes à 5 km au sud-ouest de Doué-la-Fontaine et à 17 km au nord-ouest de Montreuil-Bellay, dont les noms vous sont peut-être plus familiers.

Pays de vignobles, donc. Avez-vous entendu parler des Coteaux-du-Layon ? Il s'agit d'un vin blanc moelleux (cépage chenin), qui bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée et qui se marie fort bien avec le foie gras. Concourson fait partie des vingt-sept communes qui composent son terroir. Hélas, je n'ai à ce jour identifié aucun cousin vigneron.

Eglise de Concourson, archives personnelles
L'église de Concourson, que j'ai photographiée en août 2009, alors que j'en étais à mes premiers pas en généalogie, est dédiée à Saint Hilaire. Elle remonterait au XIe siècle, mais, aux dires même du Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, elle a été tellement restaurée qu'elle a perdu tout caractère. N'oublions pas que toute la région fut le théâtre de sanglants combats entre "Vendéens" et "Bleus" durant la période révolutionnaire et qu'elle fut sur le parcours des colonnes infernales du général Turreau.

Parmi mes ancêtres, trois familles au moins ont durablement vécu à Concourson : les Le Tellier, les Richard Duchatellier et les Maitreau (pour ce dernier patronyme, j'ai choisi l'orthographe en usage au XXe siècle, mais il existe de nombreuses variantes).

Commençons par les Le Tellier. Je sais peu de choses de François Le Tellier (c.1644-1689), sinon que je descends de lui à la neuvième génération. Marié deux fois, père d'au moins sept enfants, il bénéficiait du qualificatif "honorable homme" dans les actes qui le concernent et savait sans doute signer. Les registres paroissiaux de Concourson les plus anciens datant de l'année 1668, je n'ai pas retrouvé son acte de baptême.

J'en sais un peu plus sur son fils François Le Tellier (1677-1724), marchand et syndic(1). Lui aussi se marie deux fois. Une première fois en mai 1716 avec Marie Nau, qui décède en mai 1717 à l'âge de dix-neuf ans, quelques jours après lui avoir donné un fils. De nombreux prêtres desservant les paroisses alentour signent l'acte de sépulture, ce qui me laisse à penser que nous avons affaire à des notables, au moins à l'échelon local.

En novembre 1719, François épouse en secondes noces Françoise Gellé, elle-même fille d'un honorable marchand. L'épouse signe d'une main relativement assurée l'acte de mariage. La cérémonie a été célébrée par son frère, René Gellé, prêtre oratorien et curé de Concourson, qui signe parfois (allez savoir pourquoi ?) "Gellé Dechampdoré". Quatre enfants seulement naîtront de cette union, car François Le Tellier  est porté en terre en juillet 1724, à l'âge de quarante-six ans. Là encore, au moins six prêtres signent l'acte de sépulture.

C'est sa fille Perrine (1722-1764) qui va concrétiser l'union des familles Le Tellier et Richard Duchatellier. Cette branche est originaire de Bressuire, dans l'actuel département des Deux-Sèvres, mais va s'installer de façon durable à Concourson, puisque dans la seconde moitié du XIXe siècle un de ses membres sera maire de la commune.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je reviendrai prochainement sur les Richard Duchatellier et sur les Maitreau, ainsi que sur certains faits marquants, car même dans un modeste village il peut se passer des événements importants : bénédiction d'un nouveau pont en 1773, bénédiction de bateaux sur le canal de Monsieur en 1776, élection des membres de la municipalité en 1787…

(1) Personne qui gère les biens de la paroisse.

4 commentaires:

  1. Avec des ancêtres dans le Maine et Loire et les Deux Sèvres, on va bien finir par se retrouver cousines, Dominique :)
    Très intéressant ton article, et tiens, il me donne soif, je vais vérifier ce qu'il me reste de Coteaux du Layon dans la cave pour ce soir :)

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    1. En attendant le jour où nous en déboucherons une bouteille ensemble pour fêter notre cousinage ;))

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  2. Je commence à saisir l'intérêt de publier régulièrement de petits billets sur ta famille et tes ancêtres. C'est très utile. Pour tes lecteurs, bien sûr, mais aussi pour toi-même, pour concrétiser tes recherches et voir où tu en es. Je devrais m'y mettre aussi, mais je n'ai pas ta persévérance et ta ténacité !

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  3. Comme tu as la plume facile, tu devrais pouvoir t'y mettre sans trop de difficulté. Tu verras , c'est très amusant et les sujets ne manquent pas.

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