lundi 15 juillet 2013

Les tribulations de la famille Richard Duchatellier


J'ai déjà évoqué cette famille dans le précédent billet. Originaire de la paroisse Saint-Porchaire à Bressuire, dans l'actuel département des Deux-Sèvres, René Richard Duchatellier a épousé Perrine Le Tellier le 18 juillet 1747 à Concourson.

Source AD Maine-et-Loire, Concourson 1743-1792
Vue 30/442

Le couple semble s'être établi durablement dans ce village des coteaux du Layon, puisque leurs six enfants identifiés (trois garçons et trois filles) y ont vu le jour et que deux d'entre eux au moins s'y sont mariés à leur tour.

Curieusement, leur patronyme s'est transformé sur quatre générations. Le père de René s'appelle simplement François Richart (avec un T, comme l'un des Dupondt, amis lecteurs de Tintin) lorsqu'il épouse Charlotte Chaillou en juillet 1715 à Bressuire. Malheureusement les pages du registre, fort endommagées, ne permettent ni de déterminer avec certitude le jour exact de la cérémonie, ni de vérifier la signature du mari.

Lorsque René se marie à Concourson en 1747, son père est nommé "maître François Richard sieur de Maisonneuve" et lui-même "maître René Richard sieur du Chatelier". Sans doute le nom des terres qu'ils exploitent : on trouve plusieurs fois ces toponymes sur la commune de Bressuire.

Dès le baptême de son deuxième enfant dans la paroisse de Concourson, René devient Richard du Chatellier (avec deux L cette fois). Lui-même signe invariablement les différents actes qui le concernent "Richard Duchatellier", sans espace. L'habitude semble être prise à la génération suivante, notamment par mon ancêtre direct René Pierre, né à Concourson en janvier 1751. Il épouse (quand et où ?) Rose Marie Thérèse Lefranc, née à Bournezeau en Vendée.

Las, le couple va connaître les temps troublés de la Révolution. Lorsque leurs quatre premiers enfants sont baptisés à Doué-la-Fontaine, respectivement en 1788, 1789, 1790 et 1791, le père bénéficie toujours de son double patronyme. Mais en 1793, lorsqu'il déclare une cinquième naissance, il est devenu le simple "citoien René Richard". Brimade de la part du "membre du conseil général de la commune de Concourson", chargé de dresser les actes et par ailleurs peu doué en orthographe, ou prudence de la part du déclarant ? L'histoire ne le dit pas.

L'affaire se répète pour les deux enfants suivants, en 1794 et 1797, à Doué comme à Concourson. Enfin une dernière fille, appelée "Diasseinte" par l'agent de la commune mais Hiassinte puis Hyacinthe par la suite, est déclarée à l'état civil le "tridi vingt trois messidor de l'an septième de la république française une et indivisible". Nous sommes donc en juillet 1799, sous le Directoire. Les passions s'apaisent. Le père ose signer "Richard Chatellier", omettant toutefois une particule trop connotée Ancien Régime sans doute.

Nous voici maintenant au XIXe siècle. Les marchands fermiers, devenus un temps cultivateurs, sont maintenant "propriétaires". Les tribulations de mes ancêtres ont pris fin, ils s'appellent à nouveau Richard Duchatellier dans tous les documents officiels. L'une d'entre eux, Perrine, va épouser André Maitreau en juillet 1819.

Un petit tour au cimetière des Verchers-sur-Layon, commune voisine de Concourson, confirme que ce patronyme l'a finalement emporté sur les autres variantes.

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